Jean-Yves LESTRADE est un professionnel des opérations de cessions et acquisitions d'entreprises. Sur son BLOG, il donne des conseils aux repreneurs et aux cédants de PME et PMI familiales et répond aux questions les plus fréquemment posées.
jeudi 9 avril 2026
Cession d'entreprise familiale : quels sont les voyants " à l'orange " à surveiller ?
Il y a des risques non provisionnés
L’audit d’acquisition ne peut pas passer à côté des
points sensibles de l’entreprise. Au mieux, ces aspects négatifs impactent le
niveau de la garantie d’actif passif. Au pire, ils suscitent de la méfiance,
peuvent remettre tout en question et conduire le repreneur à abandonner les
négociations.
Le cédant n'a pas de tableau de bord
Le tableau de bord de pilotage de l'activité (suivi
des marges, carnet de commandes, suivi des flux de trésorerie, gestion des
risques, gestion des impayés et relances clients...) est un élément très
important dans le processus de négociations avec les repreneurs. Il faut
présenter des indicateurs et des données chiffrées, claires, réalistes et
étayées. Ces indicateurs permettent de négocier les conditions de la reprise. Ils
sont également essentiels pour les banques qui étudient le financement de
l'opération d'acquisition du repreneur.
L’entreprise est dirigée par un couple
de dirigeants ou plusieurs membres d’une même famille
C’est un schéma classique dans les TPE et PMI
familiales. Cette situation sous-entend beaucoup « d’intuitu
personae » dans l’entreprise à reprendre, cad une grande dépendance de
l’entreprise des cédants, principale difficulté de tout repreneur. La présence
d'autres membres de la famille dans l'entreprise peut également poser problème
au repreneur s'ils veulent rester, ce qui n'est pas toujours souhaitable s'ils
occupent des postes à responsabilité.
Le cédant fait un blocage sur un prix psychologique de vente
Il est très fréquent qu'une entreprise ne se vende pas
pour une question de prix. Nombreux sont les dirigeants qui, faute de
préparation, manquent pour cette question une opportunité de vendre qui ne se
représentera plus. Il y a toujours une valeur de marché pour une société. On ne
peut la connaître qu’en étant dans une démarche dynamique d’échanges et de
négociations avec des repreneurs potentiels. Ce processus peut s'étaler sur des
années. La valorisation va fluctuer au gré de l’évolution de l’entreprise,
activité, résultats, trésorerie, investissements, rémunération dirigeant,
politique de distribution de dividendes… La valeur des entreprises est aussi
impactée aujourd'hui à la baisse par le fait qu'il y a, pour les repreneurs, de
belles opportunités d'entreprises en difficulté à reprendre à la barre des tribunaux.
Il arrive que le cédant préfère au fond de lui-même ne pas vendre
plutôt que d’accepter, selon son expression, de " brader son entreprise
". La vente d'une société familiale est souvent autant une
question de psychologie que de chiffres.
Le dirigeant est imprévisible et a une
forte personnalité
Diriger une entreprise n'a jamais été un long fleuve
tranquille. Tous les dirigeants de sociétés, petites moyennes ou grandes, le
vivent au quotidien et ont une forte personnalité. C’est grâce à ce tempérament
de décideur et d'entrepreneur qu’ils ont réussi. L’inconvénient, c’est parfois
un manque d’humilité des chefs d'entreprises qui doivent se remettre en
question et comprendre les questions et interrogations de repreneurs.
Le résultat est insuffisant pour
supporter le remboursement d’un emprunt d’acquisition
Une entreprise à acquérir se finance quasiment toujours par une dette d’acquisition. Sans rentabilité et sans résultat, elle entre dans une sorte de No man’s land car elle n’est pas
finançable ou sa valorisation demeure symbolique.
Le cédant veut se débrouiller tout seul
pour vendre son entreprise
La cession d’une société est encore plus
compliquée sans l’aide de professionnels, cabinets spécialisés en transmission
d’entreprise, avocats, experts comptables, conseillers financiers…
Ces spécialistes mettent tout en œuvre pour rendre possible et concrétiser
l’opération avec succès. Ils permettent au cédant d'aller vers l'action,
trouver le recul nécessaire, être en confiance. Ils ont une obligation de valeur
ajoutée et de résultat. Vouloir s’en passer pour faire des économies n’est pas
une bonne idée. Les entreprises à vendre qui sont accompagnées par des
professionnels de la cession ont une probabilité statistique de vente nettement
plus élevée et obtiennent généralement une offre de reprise plus importante.
Le cédant augmente le loyer avant la
mise en vente de l'entreprise
L'acquisition de la société passe par un emprunt
à moyen terme dont le remboursement va réduire la marge de manœuvre du
repreneur en pesant sur les résultats. Le poste immobilier, qui concerne le
loyer versé à la SCI du dirigeant, n'est jamais anodin dans la négociation et
le fait de l'augmenter avant la mise en vente peut constituer un point de
blocage pour le repreneur.
Le besoin en fonds de roulement n’est
pas maîtrisé
Il faut être particulièrement attentif à
l'évolution de la trésorerie et aux fluctuations des besoins en fonds de
roulement de l'entreprise. Le raisonnement des banques portent sur la globalité du financement du projet avec, au-delà du crédit d'acquisition, les crédits d'investissements et de fonctionnement bien adaptés à l'entreprise.
Le bilan est déficitaire ; pour masquer
cette situation, le dirigeant décide de prolonger l’exercice sur 18 mois
Cette décision s'apparente à un " habillage de
bilan ". Elle complique la bonne compréhension et lisibilité des comptes
de l’entreprise. Faute d'explications claires et convaincantes, elle conduit
souvent le repreneur potentiel à abandonner l’étude du dossier.
L’immobilier fait partie des actifs de
l’entreprise
Il est toujours préférable que les actifs immobiliers
soient séparés des actifs d’exploitation dans une société distincte. La question de la valeur des actifs
immobiliers d’une entreprise à vendre est compliquée car ils ne sont pas productifs d’un
loyer. Il ne faut pas oublier que les bâtiments n'ont de valeur que si une
entreprise les utilise.
Le cédant " ne donne pas envie
" et des salariés quittent l’entreprise
Bien-sûr que la passion et l'implication du dirigeant
dans son entreprise peut s'éroder au fil des années. Mais le cédant doit être crédible et convaincant avec les repreneurs potentiels, rester optimiste, mettre en
avant les points forts de son entreprise et les pistes de développement. Il
doit aussi veiller, dans une période d'interrogations et d'incertitudes, au climat de travail et
à ses relations avec le personnel de l'entreprise. Quand on visite une entreprise, on sent l'ambiance de travail. Il faut éviter le départ de
salariés qui peut dissuader les repreneurs de poursuivre les négociations.
Le dirigeant est " mollement "
réactif
Les contacts, les rencontres, les échanges, les
négociations concernant la cession d'une entreprise exigent de la réactivité. Il faut toujours répondre rapidement aux questions posées. La sincérité et la
transparence sont les règles de base. On élude pas les points de fragilité. Le cédant
fait son maximum dans cet exercice et il a compris que le manque de
réactivité dans toutes les étapes du processus de vente peut condamner tous les
acquis. dimanche 19 mars 2023
Performance accrue du réseau FRANCESSION en 2022
Le réseau FRANCESSION améliore sa position dans le palmarès 2022 des cabinets de fusions acquisitions de FUSACQ, référence de la profession. FRANCESSION se classe dans le top 7 des cabinets les plus actifs en France et se retrouve pour la deuxième année consécutive sur le podium au 3ième rang national en nombre d’opérations réussies.
La taille des entreprises conseillées par les Experts de FRANCESSION couvre la palette complète des TPE/PME/ETI. Il y a 3 opérations de cessions, acquisitions, ingénierie financière et levées de fonds qui concernent des sociétés réalisant plus de 30 millions d’euros de CA.
En 2022, FRANCESSION a renforcé son maillage territorial en intégrant dans ses équipes deux nouveaux Experts : Roger REYNAUD du cabinet FARGO à Paris et Yannick DUFRECHOU du cabinet FYD à Toulouse. Le réseau comprend à ce jour 16 cabinets de fusions acquisitions.
lundi 3 mai 2021
Réussir à vendre son entreprise en 2021 !
Le nombre de repreneurs d'entreprises est en forte progression. Malgré le contexte de la crise sanitaire, le marché de la transmission d'entreprise s'est globalement maintenu et il va certainement connaître une forte accélération dans les prochains mois avec la reprise post-covid. Plus que jamais pour les cédants, c'est le moment d'agir !
La vente d'une entreprise se prépare sur beaucoup d'aspects comme un examen. Le cédant devra veiller à :
- anticiper, préparer son entreprise, traiter les
« non-dits »,
- prendre du recul dans son organisation de travail pour
confier davantage de responsabilités aux salariés,
- mettre à plat tous les paramètres de la négociation : actionnariat maîtrisé, schéma de la cession, diagnostic immobilier, provisions des risques, gestion de la trésorerie, sortie d’actifs, optimisation de la fiscalité… il est très utile de réaliser un diagnostic ou pré-audit de transmission,
- décortiquer, comprendre et accepter l'équation
incontournable de la valorisation cohérente d'une entreprise cad sa
valorisation " finançable ",
- accepter de communiquer des informations sensibles et
jouer la transparence avec tous les interlocuteurs,
- rester très motivé et attentif à la bonne marche de son
entreprise et ses paramètres financiers,
- avoir un calendrier personnel souple pour avancer sans
précipitation dans le processus et la négociation,
- rester optimiste, serein et convaincant pour donner envie
au repreneur !
- se faire accompagner par ses conseils habituels (experts-comptables et avocats) et surtout par un expert aguerri dans la transmission d'entreprise qui sait instaurer un climat agréable de travail et de confiance avec tous ses interlocuteurs.
Jean-Yves LESTRADE, associé de FRANCESSION










